"La Pieuvre" Un film de Laetitia Carton

Les Films invisibles
Publié le 6 juin 2017
par Laurent Ménochet

Film-documentaire.fr poursuit sa présentation des films invisibles en vous proposant de visionner un film de Laetitia Carton, La Pieuvre , réalisé en 2009.

En complément des films invisibles, les écrits Sous un certain angle permettent de découvrir la démarche d’un réalisateur à travers l’analyse d’un extrait de son film.

Résumé :

Laetitia Carton interroge un petit garçon. Tout en dessinant il répond : oui, il connaît la "pieuvre", cette maladie génétique dévorante, et il a peur : sa mère aura-t-elle le temps de devenir grand-mère ? Dans son appartement, la réalisatrice filme au plus près la tige d’une plante verte, longeant délicatement chacune de ses courbes. En voix off, elle annonce avoir fait le test de dépistage du gène. La pièce est lumineuse et la plante en pleine floraison. Sous la table du séjour, chez sa mère, se côtoient deux pieds nus et un chat. Alors qu’un dialogue tranquille parvient d’en-haut, un orteil bizarrement redressé inquiète - Laetitia Carton a vu très tôt des signes de la présence de la "pieuvre" chez sa mère. Celle-ci, dont les gestes sont maintenant empreints par la maladie, joue avec le chat et se laisse caresser par le soleil.

Face à la "pieuvre", Laetitia Carton pose mille questions, et surtout celle-ci : vaut-il mieux savoir ou ne pas savoir ? Doit-elle faire ce test qui lui dira si, oui ou non, elle est porteuse du gène de la maladie de Huntington ? Devant la caméra, le frère, les cousines et les tantes de la réalisatrice échangent avec elle, alors que derrière la caméra celle-ci s’interroge elle-même. Une succession de portraits et d’interviews dessine un arbre généalogique : de l’aïeule décédée de la maladie, à la grand-mère de Laetitia Carton qui incite à savoir et agir en conséquence, jusqu’aux branches parallèles de la famille où le sujet est parfois resté tabou. Un deuxième espace, intime, est celui de la narration au jour le jour par la réalisatrice de son propre cheminement. La caméra compose des tableaux mouvants au rythme de la pensée. Laetitia Carton filme une plante verte et la clarté, la légèreté du plan est celle qui accompagne sa décision de faire le test. Mais l’espace du film n’est pas double : l’intimité de la réflexion s’ouvre lorsque la réalisatrice, qui a filmé son reflet dans le miroir au début du film, vient faire face à la caméra : elle est prête à savoir.


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