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Semaine de la mémoire, 2ème édition 2016

Université de Caen
Publié le lundi 21 novembre 2016 par Laurent Ménochet
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Semaine de la mémoire, 2ème édition 2016
Université de Caen
Publié le 21 novembre 2016  (Mise à jour le 21 novembre 2016)

Dans le cadre de la deuxième édition de la semaine de la mémoire qui s’est déroulée à Caen du 19 au 23 septembre 2016, l’IRTS Normandie-Caen a donné 3 conférences. Celles-ci sont disponibles sur le site Internet La forge numérique de la MRSH de Caen.

Le programme comptait plus de 30 initiatives allant de la conférence grand public aux ateliers d’expériences grand public voire à des projections de films et des manifestations liant art et science.

Mémoire post-traumatique, histoires de vie et résilience

Corinne Chaput - Le Bars, directrice du département Recherche et relation universitaires de l’IRTS Normandie-Caen.

Les traumatismes provoqués par les guerres ou les attentats sont aggravés par le fait qu’ils sont commis par une main humaine. Par ailleurs, les victimes ont souvent une propension à s’adresser à eux-mêmes une part irrationnelle de responsabilité...

Mémoire et traces de la mort routière

Arnaud Morange, sociologue.

Si l’on repense au milieu des années 1970 (avec 18 000 tués par an en France sur les routes), chaque famille connaissait un ou des cas de proches décédés dans des accidents de la circulation (ou blessés ou handicapés gravement). Comment cette mémoire d’une certaine « fatalité » était-elle structurée, est-elle encore vécue dans les familles, et comment ? Entre histoire singulière des familles (témoignages) et histoire collective du trauma de l’accidentalité (ex. de l’accident de Beaune qui fait figure d’allégorie du drame). Et que dire des « mausolées » et autres « matérialisations funèbres » d’accidents mortels sur le bord de nos routes ? Il s’agira pour moi d’aller au-delà d’un certain nombre de données et textes dont je dispose pour les travailler à travers le prisme de la question de la mémoire.

Figures du traumatisme durant l’enfance au cinéma.

Laurent ménochet. Documentaliste à l’IRTS.

Son intervention porte sur l’analyse de quatre films classiques américains dont les personnages principaux ont vécu un traumatisme durant l’enfance.

A voir aussi :

Appréhender les mécanismes psychiques de la mémoire traumatique, un autre rapport à soi.

Yaelle Malpertu est psychologue clinicienne.

Cette intervention propose d’introduire à différents mécanismes psychiques concernant la mémoire traumatique, afin d’être davantage en mesure d’en comprendre les effets dans notre quotidien. Elle propose de donner certaines exemples cliniques de mémoire traumatique concernant des agressions subies par un individu plusieurs décennies auparavant. Elle cherche aussi à montrer l’importance potentielle de transmissions intergénérationnelles de traumas, dont un individu n’a généralement pas conscience ou dont il minimise les conséquences. En somme, il s’agit de donner quelques repères pour aborder d’une autre manière des éléments qui pourraient, à tord, ressembler à des « traits de caractère », mais qui sont nés de mécanismes de défenses pour faire face aux assauts des traces mnésiques d’événements traumatiques.

L’art pour soigner la mémoire ?

Hervé Platel, professeur de neuropsychologie

Plus que jamais l’Art peut nous accompagner dans les moments difficiles de notre vie : maladie, trauma, stress... Depuis l’antiquité, l’idée que la présence à l’Art et à sa pratique puisse "panser/penser" nos plaies n’est pas nouvelle. Pourtant les pratiques d’Art-Thérapie ou de Musicothérapie font toujours aujourd’hui l’objet d’une suspicion institutionnelle. En quoi les travaux de ces 20 dernières années des neurosciences cognitives et de la neuropsychologie permettent de renouveler l’intérêt pour ces approches dans le domaine médical, en particulier dans le contexte des maladies neurologique et psychiatrique ? Nous exposerons quelques exemples de travaux fondamentaux d’imagerie cérébrale qui permettent d’expliquer les raisons des bénéfices de ces pratiques et donnerons également des illustrations d’applications auprès de patients atteints de maladie d’Alzheimer.

Mémoire et identité personnelle

Anne Devarieux, philosophe

A l’époque moderne, John Locke fait de la mémoire le fondement de l’identité personnelle : l’identité de la personne repose sur la continuité de la conscience dans le temps. La solidarité établie ainsi entre la mémoire et la personne, entre la conscience et la mémoire, ne laisse de donner lieu à un certain nombre d’apories, relevée par les contemporains de Locke, et dont l’interrogation se poursuit dans la philosophie contemporaine (jusqu’à P. Ricœur notamment). Ainsi qu’appelle-t-on mémoire ? A quelles conditions celle-ci constitue-t-elle notre identité (ipséité, mêmeté) ? Qu’est-ce qui fait de notre personne une seule et même personne ? Notre intervention dans le cadre de la semaine de la mémoire a porté sur ce couple et a réinterrogé, à travers de nombreux auteurs, la spécificité comme la complexité de ce lien.


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